La Somalie, Sisyphe moderne ?
Politique étrangère, vol. 80, n° 3, automne 2015
Depuis son indépendance en 1960, la Somalie n’a connu que peu de périodes de stabilité.
Les guerres avec ses voisins – en particulier l’Éthiopie – ont alterné avec de graves troubles internes, notamment depuis la chute du dictateur Syad Barre en 1991. Quatre causes expliquent cette instabilité chronique : l’incapacité à instaurer un État fort, la lutte pour les ressources, la montée en puissance de l’islamisme radical et la fréquence des interventions extérieures.
Jean-Bernard Véron est rédacteur en chef de la revue Afrique contemporaine et président du Comité des solidarités internationales de la Fondation de France.
Article publié dans Politique étrangère, vol. 80, n° 3, automne 2015
Plan de l’article
Le parcours chaotique de la Somalie
Jusqu’en 1991
De 1991 à 2011
Depuis fin 2011
L’imbroglio des causes
L’effondrement de l’Etat
L’affrontement autour des ressources et les mouvements de population
Les dynamiques de l’islam somalien et son entrée en politique
Des relations extérieures aux effets contrastés
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Gouvernance des mobilités : le hub djiboutien entre stratégies d’influence et souveraineté
Dans la Corne de l'Afrique, la multiplication des crises — conflits au Soudan et en Éthiopie, dérèglements climatiques — a porté le nombre de déplacés à 26,3 millions de personnes. Au cœur de ces flux, Djibouti s'impose comme un point de passage incontournable entre la région et la péninsule Arabique. Si les flux migratoires y ont bondi de 72 % en 2024, Djibouti n'est pas seulement un territoire de transit : il est devenu un enjeu diplomatique et sécuritaire, où l'Union européenne et l'OIM projettent leurs politiques d'externalisation migratoire, révélant des rapports de force qui dépassent largement la gestion humanitaire des mobilités.
La cybercriminalité en Afrique centrale : typologie, expériences et gestion par les pouvoirs publics
La présente Note examine la montée en puissance de la cybercriminalité en Afrique centrale et la réponse des États concernés.
Les vecteurs et moyens de l’influence extérieure grandissante du Rwanda de Paul Kagame
Le Rwanda de Paul Kagame mène depuis trois décennies une politique étrangère visant à accroître les investissements directs à l’étranger (IDE) vers l’économie nationale, à maximiser les coopérations militaires et les échanges de renseignements et à travailler à la promotion d’un modèle de reconstruction étatique post-génocide.
L’économie politique complexe des corridors d’Afrique australe
Construits pour certains à l’époque coloniale, les corridors d’Afrique australe ont connu depuis la fin du XXe siècle un développement frénétique. Depuis plus de 25 ans, les anciens corridors ont été rénovés, de nouveaux ont été bâtis et d’autres sont à l’étude. Le moteur de cette frénésie de corridors est le même qu’à l’époque coloniale : l’exploitation des ressources de l’hinterland africain. Les corridors de cette région sont donc tous adossés au secteur minier. L’analyse de leur économie politique fait apparaître leurs principales caractéristiques ainsi que des faiblesses qui posent question pour le futur.