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Comment la Pologne cherche-t-elle à bâtir l’armée terrestre la plus puissante d’Europe ?

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Partout en Europe, les nations reprennent les armes. Le président américain Donald Trump et ses orientations suscitent des craintes quant à un retrait militaire des États-Unis du continent, tandis que la Russie a déjà pris le contrôle de 20 % du territoire ukrainien. Mais la Pologne n’a pas attendu les pressions du nouveau président américain pour accroître son armement.

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Soldats polonais
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En mars 2022, en réponse à l’invasion totale de l’Ukraine par le président russe Vladimir Poutine, Varsovie a adopté presque à l’unanimité une loi « sur la défense de la nation ». Ce projet de réarmement pourrait faire de l’armée polonaise la force terrestre la plus puissante d’Europe dans les années à venir, selon les chercheurs Leo Péria-Peigné et Amélie Zima, dans une note publiée par l’Institut français des relations internationales.

D’après cette note, relayée par le journal français Le Figaro, la Pologne prévoit de consacrer progressivement 5 % de son PIB annuel à la défense (son PIB dépasse les 800 milliards de dollars par an). Ses dépenses militaires sont passées de 1,88 % du PIB en 2014 à 2,23 % en 2022, puis à 3,26 % en 2023 et 4,12 % en 2024.

Un millier de chars

Les auteurs de la note indiquent qu’« en trois ans, la Pologne a annoncé l’acquisition à moyen terme de plus d’un millier de chars de combat, d’obusiers automoteurs, de véhicules blindés d’infanterie et de plusieurs centaines de lance-roquettes ». L’armée polonaise prévoit également de doubler ses effectifs pour atteindre 300 000 soldats opérationnels.

L’objectif est de construire une force de dissuasion conventionnelle crédible afin de compenser l’absence d’un arsenal nucléaire indépendant, face à une Russie devenue plus agressive que jamais, selon la note.

Cette course à l’armement polonaise s’explique aussi par des craintes historiques. Bien que la Pologne ait été une grande puissance au XVIe siècle, elle a disparu de la carte à la fin du XVIIIe siècle, après avoir été partagée entre les empires russe, prussien et autrichien. Elle est réapparue après la Première Guerre mondiale avant de tomber sous influence soviétique, ne retrouvant sa pleine souveraineté qu’après l’effondrement de l’URSS à la fin du XXe siècle. Pour Varsovie, la Russie est donc l’ennemi principal, à la fois par la géographie et l’histoire, selon la note.

Ancien membre clé du pacte de Varsovie pendant la guerre froide, la Pologne a rejoint l’OTAN en 1999 après la dissolution de l’Union soviétique et du pacte de Varsovie.

300 000 soldats

Les forces armées polonaises s’éloignent progressivement du modèle soviétique pour s’intégrer pleinement au modèle militaire de l’OTAN, aussi bien en termes de capacités que d’entraînement.

L’armée polonaise a poursuivi ses réformes, suspendant le service militaire en janvier 2010 pour établir une armée professionnelle composée de 120 000 soldats et 30 000 réservistes.

Amélie Zima souligne dans sa note que « la menace militaire russe, absente des revues stratégiques polonaises de 2003 et 2007, a été clairement identifiée dans le livre blanc polonais de 2013 ». L’arrivée au pouvoir du parti conservateur Droit et Justice en 2015, ainsi que la première invasion russe de l’Ukraine en 2014, ont accéléré le réarmement de Varsovie. En mars 2022, la loi sur la défense de la nation a été adoptée, fixant l’objectif d’une armée de 300 000 soldats.

Leo Péria-Peigné explique que l’armée polonaise ambitionne d’augmenter ses forces terrestres de plus de 40 % en une décennie. Quant aux véhicules blindés, alors qu’en 2010, les deux tiers de son arsenal remontaient à l’époque soviétique, cette proportion a été réduite de moitié en 2024 (une partie de ces chars ayant été fournie à l’Ukraine). Ce renouvellement s’inscrit dans une politique de modernisation et d’achats à l’étranger. L’objectif est de retirer tous les équipements d’origine soviétique d’ici 2032.

Il convient de noter que la Pologne a principalement investi dans ses forces terrestres et aériennes, délaissant sa marine.

Leo Péria-Peigné conclut que « si la Pologne atteint ne serait-ce que 50 % de ses ambitions militaires, son armée deviendra la plus puissante force terrestre d’Europe continentale ».

 

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