Le Canada de Mark Carney, un an après
Début janvier 2025, le Premier ministre Justin Trudeau, en fin de course, est contraint à la démission et annonce de nouvelles élections, d’abord au sein du Parti libéral, ensuite à la Chambre des communes d’Ottawa. Battant des adversaires démotivés par l’avance du conservateur Pierre Poilievre dans les sondages, Mark Carney prend la tête du Parti libéral le 9 mars et remplace aussitôt Trudeau au poste de Premier ministre. Il profite alors du retournement des électeurs canadiens contre Pierre Poilievre, associé dans leur esprit à Donald Trump et aux propos prédateurs que tient ce dernier à propos du Canada depuis sa réélection fin 2024, et remporte les législatives du 28 avril.
Rompant avec beaucoup de marqueurs progressistes de l’ère Trudeau, le Premier ministre Mark Carney a entrepris de régler des problèmes de fond du pays, sans totalement convaincre sur les résultats pour l’instant.
Concrétisés par la loi C-5 de juin 2025, la suppression des barrières au commerce et à la mobilité de la main-d’oeuvre entre provinces, et le lancement de grands projets nationaux d’infrastructures devaient renforcer la puissance économique du pays. Hélas, le projet s’est heurté à la contestation des populations autochtones, des provinces et de groupes d’intérêt, et a vu son ambition initiale se réduire dès novembre. Ottawa compte désormais recourir également à des incitations financières.
Mark Carney a réduit les taxes et régulations qui touchent particulièrement l’Alberta et son industrie du pétrole et du gaz, et a engagé un partenariat stratégique avec cette province, permettant d’augmenter sa production d’énergie fossile. Sans doute coûteux politiquement pour Mark Carney, ce virage anti-environnementaliste suffira-t-il à calmer les indépendantistes albertains et leurs soutiens à Washington ?
Malgré son discours de janvier 2026 à Davos exhortant les puissances moyennes à s’unir, le réchauffement des relations avec l’Inde et la Chine, et la quête de nouveaux partenaires commerciaux pour réduire la part des exportations vers les États-Unis, la relation avec le voisin du sud demeure primordiale pour le pays. Dans le contexte des guerres douanières de Donald Trump, Mark Carney continue certes de profiter de la protection commerciale offerte par le traité de libre-échange nord-américain (ACEUM), mais il va devoir le renégocier dans les mois qui viennent.
En mars 2026, le Premier ministre Mark Carney conserve une forte popularité au Canada comme à l’international, mais fait face à des défis complexes qui pourraient mettre fin à cette lune de miel.
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Le Canada de Mark Carney, un an après
Canada : vers un retour aux sources européennes ?
Quand Ursula von der Leyen prendra la parole le 16 septembre pour le traditionnel discours sur l’état de l’Union européenne (UE), de nombreux regards risquent de se tourner vers la tribune d’honneur, où aura pris place le Premier ministre canadien Mark Carney. Celui qui avait su, en début d’année, si justement saisir l’air du temps avec son désormais célèbre discours de Davos s’est en effet imposé depuis lors comme une source d’inspiration internationale, érigée par certains au rang de héraut anti-Trump. Sa récente décision de quitter la table des négociations commerciales avec les États-Unis, après avoir un temps donné le sentiment d’être prêt à céder, n’a fait que renforcer cette aura en Europe, notamment auprès de ceux, nombreux, qui avaient regretté l’approche trop conciliante de l’Union lors des négociations de Turnberry.
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