L'échiquier numérique américain : Quelle place pour l'Europe ?

Alors que les Etats-Unis ont su s’établir comme le leader incontestable du marché numérique, et à l'inverse d'acteurs plus dirigistes comme la Russie ou la Chine, l’Europe s’est laissée distancer et peine à trouver sa place dans ce secteur crucial de l’économie mondiale. La nouvelle Commission européenne se doit aujourd'hui de réagir pour permettre à l’Europe de lutter à armes égales avec les acteurs dominants du marché.
En marche depuis plusieurs décennies, la numérisation irrigue aujourd’hui tous les secteurs de l’économie mondiale. Ce bouleversement est très largement emmené par des entreprises américaines, au premier rang desquelles les géants Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft (dits « GAFAM »). Leur présence est notamment écrasante dans la recherche en ligne, le e-commerce, les systèmes d’exploitation et les plateformes. Ces dernières, qui hébergent et font circuler les contenus, véhiculent les valeurs de l’Amérique et s’affirment ainsi comme l’un des instruments de son soft power.
Cette domination s’accentue : les entreprises de la Silicon Valley se développent horizontalement, en absorbant les nouveaux venus dont le succès pourrait les menacer, et verticalement, en acquérant des fournisseurs tout au long de la chaîne de valeur. Qui plus est, le caractère exponentiel de la croissance numérique permet à ces entreprises de creuser sans cesse l’écart avec leurs rivales plus tard venues.
Au contraire de la Chine ou de la Russie, l’Europe n’a pas voulu se doter de champions européens. Subissant de plein fouet la puissance des acteurs américains du numérique, elle peine aujourd’hui à se développer sur ce marché capital pour sa croissance.
Au surplus, elle est victime d’une évasion fiscale à grande échelle, de contournements réglementaires et de prélèvements excessifs par des intermédiaires américains qui abusent de leur position dominante sur le Web. La Commission européenne a semblé renoncer à traiter les conflits par la voie contentieuse au profit de négociations laborieuses et inefficaces. Pour leur part, les citoyens européens sont pénalisés, aussi bien par l’exploitation de leurs données personnelles que par leur participation enthousiaste et non rémunérée à la création de contenu.
La nouvelle Commission européenne, qui a mis ces enjeux en tête de l’agenda de son président, semble décidée à réagir :
- Elle doit redonner aux États de l’Union la possibilité de gérer les conflits par la voie contentieuse s’il le faut. Le déplafonnement des amendes et la restriction de l’accès aux données personnelles seront des sanctions efficaces.
- L’évasion fiscale doit être éliminée par une réponse européenne concertée. De même, une régulation plus efficace doit permettre à l’Europe de tirer les bénéfices de la révolution numérique.
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