COMPRENDRE LA CRISE DE LA DETTE
La longue durée des dettes publiques : l'Europe et les autres - Jean-Yves GRENIER
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L’Europe moderne s’est construite autour de la dette publique et au xxe siècle l’augmentation de cette dernière est essentiellement due à la guerre. Depuis le début des années 1980 en revanche, la dette couvre d’abord des dépenses civiles. La fonction et les conséquences de cette dette souveraine font l’objet de débats passionnés depuis le XVIIIe siècle. Si la dette est historiquement un instrument de construction de l’État, on voit aujourd’hui qu’elle peut être un grand danger.
Jean-Yves Grenier est directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et professeur à l’École polytechnique.
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Quatre crises successives de l’euro ont suivi la découverte de l’ampleur des déficits grecs. De sommets en accords, les dirigeants européens tentent de sauver la zone euro. Dérives de la finance, incompétence des politiques, défaillances institutionnelles, divergence des temps politique et économique, pressions concurrentes des marchés et des opinions : c’est en prenant en compte ces éléments des discours explicatifs que peuvent être ébauchés les avenirs de l’euro et donc de l’Europe.
Élie Cohen, économiste, est directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Parmi ses dernières publications : Penser la crise (Paris, Fayard, 2010).
[masquer] La crise de l'union monétaire européenne - Stefan EDERER
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La crise financière européenne s’est transformée en une crise des finances publiques qui interdit toute reprise économique dans la zone euro. Les multiples mesures prises jusqu’ici se sont révélées inopérantes. Il faut sans doute trouver une solution permettant d’européaniser les dettes des États. En même temps, il est nécessaire de prendre des mesures de court terme relançant la croissance. Et de réduire, mais cela n’est possible que sur le long terme, l’endettement global de la zone euro.
Traduit de l’allemand par Dorothée Cailleux.
Stefan Ederer, docteur en économie de l’université de Vienne, est chercheur à l’Institut autrichien de recherche économique (Österreichisches Institut für Wirtschaftsforschung, WIFO).
[masquer] La notation souveraine - Norbert GAILLARD
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La notation souveraine se met en place progressivement au début du XXe siècle. De plus en plus d’États émettent des titres obligataires et entrent donc dans cette logique de notation. Les investisseurs en sont les premiers usagers. Les critères de la notation sont divers, et la qualité des analyses des grandes agences est aujourd’hui critiquée : le prisme « occidental » de ces analyses leur aurait interdit d’anticiper les incidents de paiement des pays industrialisés.
Norbert Gaillard, docteur en économie, est consultant indépendant et auteur de l’ouvrage A Century of Sovereign Ratings (New York, Springer, 2011).
[masquer]LES SOULEVEMENTS ARABES : PREMIER BILAN
Introduction - Denis BAUCHARD
Maghreb : révolutions inachevées ? - Mansouria MOKHEFI
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Spécifiques à l’expérience et à l’histoire de chaque pays, les événements de 2011 bouleversent la donne sociopolitique, idéologique et culturelle du Maghreb. Les islamistes vont devoir se mesurer au pouvoir et se confronter à d’immenses problèmes. Le Maghreb ne se reconnaît plus sans doute dans les formes démocratiques du modèle occidental – et particulièrement européen. Et de nouveaux acteurs ou modèles émergent pour la région, de l’expérience turque à l’activisme qatari.
Mansouria Mokhefi est responsable du programme Moyen-Orient/Maghreb de l’Ifri.
[masquer] Elections et mobilisations dans l'Egypte post-Moubarak - Bernard ROUGIER
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En Égypte, l’armée a usé de tout son poids pour éviter l’émergence de forces susceptibles de remettre en cause sa prééminence. Les débats des derniers mois ont porté sur le timing des élections et sur les pouvoirs de la future Assemblée. La plus grande surprise des législatives a été le succès des salafistes. Quant aux Frères musulmans, au pouvoir grâce aux élections et au compromis passé avec l’armée, ils vont devoir se confronter aux nombreux défis internes et externes du pays.
Bernard Rougier est directeur du Centre d’études et de documentation économiques, juridiques et sociales (CEDEJ, Le Caire). Il est notamment l’auteur de L’Oumma en fragments. Contrôler le sunnisme au Liban (Paris, PUF, 2011).
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En Égypte, l’activisme numérique s’est développé depuis le milieu des années 2000, nombre de blogueurs contribuant à dénoncer les abus du régime Moubarak. Un tel phénomène n’a pas pu voir le jour en Tunisie du fait de la censure exercée sur Internet. Toutefois, dans les deux cas, les blogs mais aussi les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter ont joué un rôle important au moment des révolutions de 2011.
Traduit de l’anglais par Elsa Ryder.
David M. Faris est professeur adjoint de science politique à la Roosevelt University. Son ouvrage Dissent and Revolution in a Digital Age: Social Media, Blogging and Activism in Egypt (Londres, I.B.Tauris) paraîtra en septembre 2012.
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En Égypte, l’activisme numérique s’est développé depuis le milieu des années 2000, nombre de blogueurs contribuant à dénoncer les abus du régime Moubarak. Un tel phénomène n’a pas pu voir le jour en Tunisie du fait de la censure exercée sur Internet. Toutefois, dans les deux cas, les blogs mais aussi les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter ont joué un rôle important au moment des révolutions de 2011.
Traduit de l’anglais par Elsa Ryder.
David M. Faris est professeur adjoint de science politique à la Roosevelt University. Son ouvrage Dissent and Revolution in a Digital Age: Social Media, Blogging and Activism in Egypt (Londres, I.B.Tauris) paraîtra en septembre 2012.
[masquer] Iraniens et Saoudiens à l'épreuve des révoltes arabes - Mohammad-Reza DJALILI et Clément THERME
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À partir d’une même défiance vis-à-vis des éruptions démocratiques mais reposant sur des intérêts spécifiques et des relations opposées avec Washington, les jugements de Téhéran et de Riyad sur les révolutions arabes divergent fortement. D’où une véritable « guerre froide » entre les deux capitales, avec toutes les conséquences imaginables pour la région, en particulier en Irak ou en Syrie. Les deux logiques conservatrices sont ainsi mises en cause, en interne et dans leur diplomatie régionale.
Mohammad-Reza Djalili est professeur honoraire au Graduate Institute de Genève et auteur de L’Iran de A à Z (Bruxelles, André Versaille, 2010).
Clément Therme est chercheur au Graduate Institute de Genève et membre associé au Centre d’analyse et d’intervention sociologiques (CADIS) de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris.
[masquer] Israël face au "printemps arabe" - Ilan GREILSAMMER
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En Israël, pays qui ne manque pas d’experts du monde arabe, les révolutions de 2011 n’ont pas été anticipées. Si la population de l’État juif se réjouit de la chute de tyrans qui étaient, à des degrés divers, anti-israéliens, elle est néanmoins inquiète de l’instabilité provoquée par les soulèvements populaires et par la montée en puissance des islamistes. Cette situation agitée profite à Benjamin Netanyahou, la population israélienne ne souhaitant pas changer de capitaine en pleine tempête.
Ilan Greilsammer est professeur de science politique à l’université Bar-Ilan (Israël).
[masquer] Occident/monde arabe : une nouvelle donne géopolitique - Frédéric CHARILLON
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Les soulèvements dans le monde arabe en 2011 n’ont pas été anticipés par les pays occidentaux. Ces derniers doivent maintenant analyser les bouleversements qui ont eu lieu, en comprendre les causes et les conséquences. En se livrant à des exercices de prospective, au sujet notamment de l’évolution possible des mouvements islamistes, ils pourront adopter une nouvelle diplomatie qui leur permettra de renouer pleinement avec le monde arabe.
Frédéric Charillon est professeur de science politique et directeur de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (IRSEM).
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Le Groupe de Visegrad, 20 ans après - Jana VARGOVCIKOVA
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Le Groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République Tchèque, Slovaquie) a, en 20 ans, marqué de son empreinte la carte géopolitique de l’Europe centrale. Ce Groupe peut-il se constituer en acteur sousrégional dans l’Union européenne ? S’il démontre une efficacité locale incontestable, il semble n’avoir à Bruxelles qu’une efficacité réactive. Sa capacité à intervenir sur la politique européenne de voisinage ou dans la politique énergétique de l’Union sera un test de son poids pour l’avenir.
Jana Vargovčíková est doctorante à l’Institut de science politique de l’université Charles à Prague et à l’Institut des sciences sociales du politique (ISP-CNRS) de l’université Paris 10. Elle est également assistante académique au Collège d’Europe, campus de Natolin.
[masquer] Fin de l'occupation et crise en Irak : la clé de voûte sunnite - Myriam BENRAAD
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C’est un Irak profondément divisé, théâtre de violences quotidiennes et d’une crise sociale et politique profonde, que les États-Unis ont quitté en décembre 2011. L’un des éléments qui pèsent le plus sur la situation actuelle du pays est la marginalisation des sunnites durant toute l’occupation américaine. Le problème sunnite mine la perspective d’une réconciliation durable et fait surtout resurgir la menace d’une partition du pays, à la fois territoriale et symbolique.
Myriam Benraad est docteur de l’Institut d’études politiques de Paris et spécialiste de l’Irak au Centre d’études et de recherches internationales (Sciences Po-CERI). Elle est l’auteur de L’Irak (Paris, Le Cavalier Bleu, 2010).
[masquer]LIBRES PROPOS
Une électricité européenne sobre en carbone : l'impasse ? - Maïté JAUREGUY-NAUDIN
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Le « paquet énergie et climat » de l’UE préconise l’élargissement de la part des énergies renouvelables dans la consommation globale d’énergie : énergie d’origine éolienne ou photovoltaïque. Le bilan des énergies renouvelables est pourtant mitigé – en termes de coûts, d’emploi, de transport – et l’accroissement de leur part de marché complexe à mettre en oeuvre. Les décisions nationales compliquent encore le problème, et au premier chef la décision allemande de sortie du nucléaire.
Maïté Jauréguy-Naudin est directrice du Centre Énergie de l’Ifri.
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